Grille AGGIR : comment évaluer la perte d’autonomie ?

La grille AGGIR a pour objectif d’évaluer le degré de dépendance ou d’autonomie d’une personne âgée. Mais à quels droits ouvre t-elle ? Comment est-elle définie ? Quelles variables sont prises en considération ?
La FMH fait le point.


 

Grille AGGIR : évaluer la perte d’autonomie

L’évaluation de la perte de l’autonomie s’effectue à l’aide la grille AGGIR (Autonomie, Gérontologie, Groupes Iso-Ressources). Sur la base d’observations et de questions, une équipe médico-sociale ou le médecin traitant diagnostique le degré de dépendance de la personne âgée.

L’évaluation se fait au domicile par l’équipe médico-sociale du département dans le cas d’une demande d’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie).

C’est le médecin coordonnateur qui réalise cette évaluation dans le cas d’une admission dans un Ehpad.

La grille AGGIR est l’outil de référence national Français pour évaluer le degré de dépendance des personnes âgées. La mesure de la perte d’autonomie permet de situer la personne selon son niveau de dépendance, appelé GIR pour Groupes Iso Ressources.

Il existe six GIR classés de 1 à 6.
– Le niveau 1, ou GIR 1 correspond à une perte d’autonomie totale.
– À l’opposé, le GIR 6, ou niveau 6, correspondant à une parfaite autonomie.
 
 

La grille Aggir est disponible sur le formulaire cerfa n°11510*01.
Il est possible également de télécharger un guide complet de la méthode d’évaluation de la grille ici.

 
 

Groupes Iso Ressources (GIR) : évaluer la dépendance

Sur la base d’observations et d’une série de questions, l’équipe médico-sociale complète la grille AGGIR et détermine ainsi, à quel groupe GIR la personne âgée appartient.

La personne en charge de l’évaluation, l’observateur, attribue une note (A,B,C) selon que la personne âgée :

A : fait seul, totalement, habituellement et correctement
B : fait partiellement, ou non habituellement, ou non correctement
C : ne fait pas

L’observateur évalue ainsi 10 critères relatifs à la perte d’autonomie physique et psychique.

Ce sont seulement ces 10 critères, appelés “variables discriminantes” qui sont utilisés pour déterminer le GIR :

1. Cohérence : converser ou se comporter de façon sensée ;
2. Orientation : se repérer dans le temps et l’espace ;
3. Toilette : se laver seul ;
4. Habillage : s’habiller, se déshabiller, se présenter ;
5. Alimentation : manger des aliments préparés ;
6. Élimination : assumer l’hygiène urinaire et fécale ;
7. Transferts : se lever, se coucher, s’asseoir ;
8. Déplacements à l’intérieur : mobilité spontanée, y compris avec un appareillage ;
9. Déplacements à l’extérieur : se déplacer à partir de la porte d’entrée sans moyen de transport ;
10. Communication à distance : utiliser les moyens de communication, téléphone, sonnette, alarme.

7 autres critères, les “variables illustratives” font partis de la grille AGGIR mais n’entrent pas dans le calcul du GIR.

Ces variables concernent les activités corporelles, domestiques et sociales et permettent d’orienter le plan d’aide.

1. Gestion : gérer ses propres affaires, son budget, ses biens ;
2. Cuisine : préparer ses repas et les servir ;
3. Ménage : effectuer l’ensemble des travaux ménagers ;
4. Transport : prendre ou commander un moyen de transport ;
5. Achats : acquisition directe ou par correspondance ;
6. Suivi du traitement : se conformer à l’ordonnance du médecin ;
7. Activités de temps libre : pratiquer des activités sportives, culturelles, sociales,
de loisirs ou de passe-temps.

– Les GIR 1 et GIR 2 correspondent aux niveaux de perte d’autonomie les plus forts.
– Les GIR 3 et GIR 4 correspondent aux niveaux de perte d’autonomie moyens.
– Les GIR 5 et GIR 6 correspondent aux niveaux de perte d’autonomie faibles.

Concordance GIR et niveau de dépendance

Ces 6 GIR définissent le degré de dépendance et servent aux équipes médico-sociales d’outil de décision pour la mise en place des solutions d’aides.

En fonction du niveau de dépendance, il s’agira d’aides familiales, de services d’aides professionnelles ou de l’entrée en maison de retraite.
 

GIR et attribution des aides : l’Allocation Personnalisé d’Autonomie (APA)

L’attribution de l’APA, le calcul de son montant, comme celui des aides des caisses de retraite, dépend du niveau GIR sur lequel la personne se situe.

Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA.

Les GIR 5 ou 6 ouvrent des droits à une aide ménagère ou une aide des caisses de retraite du régime de base ou complémentaires.

GIR, type d’aides et APA


 

La grille AVQ : évaluer les Actes de la Vie Quotidienne

La grille AVQ est complémentaire de la grille AGGIR et évalue l’incapacité à effectuer certains actes de la vie quotidienne . Elle est utilisée dans la souscription des assurances dépendance , en complément ou à la place de la grille AGGIR, dans le cadre de l’APA.

Cette évaluation mesure le niveau de dépendance d’une personne sur six catégories d’actes de la vie courante :

1. Les transferts : passer de chacune des positions couché, assis, debout
2. Les déplacements à l’intérieur : pouvoir évoluer sur une surface plane sans aide
3. L’alimentation : se nourrir et boire seul
4. La toilette : se laver l’ensemble du corps
5. L’habillage : s’habiller ou se dévêtir sans aide
6. La continence : assurer l’hygiène de l’élimination

Le niveau de dépendance de la personne est calculé en fonction du nombre d’actes qu’elle pourra correctement effectuer.
Sur ces 6 Actes de la Vie Quotidienne, la perte d’autonomie place la personne sur des niveaux de 1 à 4.

Niveaux AVQ et type d’incapacité

La grille AGGIR a été élaborée par des médecins de la Sécurité sociale, de la Société Française de Gérontologie et par des informaticiens. C’est l’outil de référence national qui est utilisé dans le cadre de l’attribution de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie).

Sur la base d’observations et de questions, l’équipe médico-sociale vérifie si la personne âgée réalise seule la plupart des activités du quotidien.
La grille AGGIR évalue les fonctions mentales et les capacités corporelles dans la vie courante.
La grille AVQ mesure le niveau de dépendance d’une personne au travers de six catégories d’actes de la vie courante.
L’évaluation du niveau de dépendance permet de déclencher des aides ponctuelles ou permanentes.

 
 
Isabelle REZZOUG,
Rédactrice bénévole.

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